Guide de traitement de la migraine chronique

Publié par Migraine Québec • Le 22 juin 2020



Ce guide s’adresse aux patients qui souffrent de 15 jours ou plus de migraine par mois. Toutes les recommandations doivent faire l’objet d’une discussion avec votre médecin. Une révision médicale a été assurée par Dre Elizabeth Leroux, M.D., FRCPC, neurologue spécialisée en médecine des céphalées.


J’ai rassemblé les plus récentes connaissances sur les traitements de la migraine en provenance du Migraine World Summit (sommet mondial de la migraine), de la Mayo Clinic, de l’American Migraine Foundation et de Migraine Canada, ainsi que de suggestions de nos propres experts : les patients eux-mêmes. L’élément fondamental à ne pas perdre de vue est que vous aurez probablement besoin d’une combinaison de plusieurs traitements et médicaments, soit une approche multimodale, pour atténuer la migraine chronique. Ne perdez pas espoir, vous trouverez une forme d’aide, mais vous devrez vous armer de patience.

 Maya Carvalho, fondatrice du groupe de soutien 
Chronic Migraine Support Group Canada
[email protected]

1. Changements dans le mode de vie : 

(sommeil, exercice, alimentation, journal de bord, stress) 

Sommeil

  • Visez des nuits de sept à huit heures de sommeil. Le cerveau migraineux aime la routine, alors mettez-vous au lit et levez-vous à la même heure tous les jours. Si possible, ne faites pas de sieste.
  • Maintenez votre chambre à coucher à une température fraîche et dans le noir, et retirez les téléviseurs, les écrans et les appareils qui génèrent une lumière bleue. L’utilisation d’une lampe de type veilleuse et d’un vrai livre convient mieux à votre cerveau que les paramètres de lecture sur votre téléphone. (Dre Christine Lay, www.migraineagain.com)
  • Sortez du lit si vous ne trouvez pas le sommeil après 20 à 30 minutes, afin que votre corps associe le lit au sommeil. Essayez la méditation ou la relaxation musculaire progressive si vous trouvez cela utile.
  • Si vous éprouvez des problèmes de sommeil persistants, vous devriez en parler avec votre médecin, afin qu’il investigue sur l’apnée du sommeil et le syndrome des jambes sans repos. (Dre Christine Lay, www.migraineagain.com)
  • La thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie est efficace et devrait être envisagée si les changements de base apportés à votre routine ne fonctionnent pas.

Exercice

  • Faire de l’exercice peut être tout un défi lorsqu’on souffre de douleurs migraineuses. Commencez très doucement et optez pour des activités que vous pouvez tolérer, et ce, à un moment où vous n’avez PAS une migraine.
  • Essayez de monter progressivement à 30 minutes, trois (3) fois par semaine. Si vous pouvez en faire plus, tant mieux!
  • Des exercices modérés sont plus souhaitables que des exercices intenses, qui sont des événements déclencheurs chez de nombreux patients. La marche est un bon point de départ et peut être la meilleure activité pour beaucoup de patients, car il s’agit d’un exercice à la fois léger et aérobique lorsqu’il est pratiqué d’un bon pas.
  • Pensez à consulter des vidéos YouTube pour apprendre de nouveaux exercices et vous motiver.
  • Consultez un physiothérapeute si vous avez des facteurs de comorbidité qui limitent votre capacité à faire de l’exercice.

Alimentation

  • Vous pouvez trouver vos déclencheurs alimentaires en analysant le journal de vos migraines ou en suivant un régime d’élimination sous la supervision d’un professionnel de la santé. Vous ne devez PAS chercher des aliments déclencheurs en négligeant de vous alimenter sur une base régulière de façon à conserver une alimentation saine. Les recherches démontrent une tendance à surestimer la valeur des déclencheurs alimentaires. (Dre Elizabeth Leroux)
  • De manière générale, il vaut mieux augmenter les protéines et diminuer les aliments riches en glucides simples et les aliments transformés. Essayez de manger trois (3) repas par jour à des heures régulières, sans sauter de repas. Cette recommandation est souvent négligée. Certains patients trouvent que le régime sans gluten et le régime cétogène sont utiles, mais même une alimentation méditerranéenne santé convient tout à fait. Le plus important est de trouver une formule réaliste que vous serez capable de suivre (dans la bonne humeur!).
  • Demeurez hydraté en buvant sept à huit verres d’eau par jour (vous pouvez y ajouter du concombre, de la menthe ou opter pour des tisanes pour rendre le tout plus agréable au goût) et en limitant la caféine à 200 mg par jour.

Journal de bord

  • Tenir un journal des migraines est essentiel pour établir les tendances de vos crises et faire le suivi de leur durée et de leur fréquence. Votre neurologue souhaitera également consulter votre journal des migraines.
  • Vous pouvez en trouver une version imprimable à l’adresse migrainequebec.com
  • Deux applications sont disponibles : Migraine Buddy et le Calendrier canadien des migraines.

Stress

  • Le stress peut être un déclencheur de migraine chez de nombreux patients souffrant de migraine chronique. Souvent, le stress est un facteur d’accumulation, ce qui signifie que même s’il n’est pas un déclencheur comme tel, lorsqu’il est jumelé à autre chose, il peut faire basculer un patient dans une crise de migraine. Il existe de nombreux outils pour vous enseigner à gérer le stress :

2.       Traitements pharmacologiques

Médicaments préventifs

Ces médicaments sont conçus pour réduire la fréquence ou l’intensité de vos migraines mensuelles. Il faut souvent compter trois (3) mois pour déterminer s’ils fonctionnent. Votre médecin commencera fort probablement par une faible dose pour l’augmenter graduellement. Dans le cas de la migraine chronique, il faut parfois compter sur plusieurs médicaments préventifs afin d’obtenir des effets de même que sur des essais et erreurs pour trouver la dose adéquate pour chaque médicament. Au Canada, les inhibiteurs du CGRP et le Botox sont uniquement disponibles après l’essai de deux (2) traitements préventifs administrés par voie orale.

Médicaments préventifs quotidiens administrés par voie orale (pilules): ce sont les antidépresseurs, antiépileptiques, bêta-bloquants et inhibiteurs calciques qui se sont avérés efficaces pour diminuer les migraines. Les médicaments de première intention ont une efficacité démontrée plus élevée que les médicaments de deuxième intention, et ceux de deuxième intention, plus élevée que ceux de troisième intention. Les patients doivent comprendre que les preuves diminuent à mesure que nous descendons dans l’échelle, d’où des prescriptions moins courantes de certains produits. Certains de ces médicaments ont été approuvés par la Food and Drug Administration (FDA) pour le traitement de la migraine. Dans bien des cas, les patients doivent essayer des médicaments préventifs quotidiens avant d’obtenir une autorisation pour le Botox et les inhibiteurs du CGRP.

Traitements de première intention : preuves de qualité élevée pour la prévention de la migraine

  • Elavil (amitriptyline)
  • Aventyl (nortriptyline)
  • Lopressor (métoprolol)
  • Inderal (propranolol)
  • Topamax (topiramate)
  • Atacand (candésartan)

Traitements de deuxième intention : preuves de qualité moyenne pour la prévention de la migraine

  • Effexor (venlafaxine)
  • Isoptin (vérapamil)
  • Neurontin (gabapentine)
  • Corgard (nadolol)

Traitements de troisième intention : preuves de faible qualité pour la prévention de la migraine et risques élevés d’effets secondaires

  • Sibelium (flunarizine)
  • Sandomigran (pizotifène)
  • Depakote (acide valproïque/divalproex)
  • Zestril (lisinopril)

Traitements à la discrétion des spécialistes seulement : preuves limitées ou inexistantes, mais un traitement peut être suggéré par des spécialistes pour des crises réfractaires et, dans certains cas, pour traiter des facteurs de comorbidité plutôt que de traiter directement la migraine

  • Namenda (mémantine)
  • Lamictil (lamotrigine)
  • Vimpat (lacosamide)
  • Zanaflex (tizanidine)
  • Lyrica (prégabaline)
  • Celebrex (célécoxib)

Produits biologiques inhibiteurs du CGRP (anticorps monoclonaux) : Ces molécules sont les premiers médicaments préventifs conçus spécialement pour le traitement de la migraine. Le peptide lié au gène de la calcitonine (communément appelé par son abréviation anglaise CGRP) est une protéine qui transmet des signaux de douleur le long du nerf trijumeau, afin de les acheminer au tronc cérébral, puis jusqu’au cerveau. Les chercheurs et les médecins croient que le CGRP « joue un rôle important dans la génération et le maintien des maux de tête associés à la migraine » (Dr David Dodick). Les médicaments de cette catégorie sont nouveaux. Ils sont offerts au Canada seulement depuis 2018, et bon nombre d’entre eux sont toujours à venir!

  • Aimovig (erenumab) : prévention de la migraine
  • Emgality (galcanezumab) : prévention de la migraine et évaluation en cours pour la prévention de la céphalée de Horton
  • Ajovy (fremanezumab) : prévention de la migraine (disponibilité au Canada plus tard en 2020)
  • Vyepti (eptinezumab) : prévention de la migraine, inhibiteur du CGRP administré par voie intraveineuse sur une base trimestrielle (date de lancement à déterminer au Canada)

Botox : Le médecin injecte une petite quantité de Botox sous la peau pour atteindre les muscles. De manière générale, chaque traitement compte 31 injections dans sept (7) zones clés de la tête et du cou. Les zones d’injection comprennent la voûte nasale, le front, les tempes, l’arrière de la tête, le cou et le haut du dos (juste au-dessus des omoplates). Un traitement dure habituellement de 10 à 12 semaines. Il peut être nécessaire de compter sur trois traitements pour observer le maximum des bienfaits du Botox. Entre-temps, vous pouvez continuer de prendre vos médicaments courants sans risque d’interactions médicamenteuses. (American Migraine Foundation)

Médicaments à action immédiate

Les patients aux prises avec la migraine chronique ont au moins quinze jours de maux de tête par mois, dont au moins huit sont des migraines. Il est important de limiter l’utilisation de médicaments à action immédiate, afin d’éviter les céphalées médicamenteuses. Pour ce faire, il faut travailler avec votre médecin pour établir une stratégie efficace. Voici trois principes importants à ne pas perdre de vue.

  1. Principe du traitement hâtif. Règle générale, une crise de migraine sera plus facile à contrôler si le traitement est administré tôt, lorsque la douleur est modérée.
  2. Principe de combinaison. Les plus récentes expertises suggèrent qu’une combinaison de triptans, d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et d’antinauséeux (spécialement la prochlorpérazine) utilisés en même temps pourrait représenter le traitement le plus efficace pour les migraines les plus intenses. (Migraine World Summit)
  3. Principe de suivi de la surutilisation. Étant donné le nombre élevé de jours de migraine chez les patients aux prises avec la migraine chronique, ces derniers doivent établir un plan avec leur médecin pour déterminer à quel moment ils doivent prendre chacun de ces médicaments de façon à éviter les rebonds ou les céphalées médicamenteuses.

Triptans : Pour maximiser leur efficacité, les triptans doivent être pris dès les premiers signes de migraine. La douleur devrait être réduite de façon significative après deux (2) heures. Vous pourriez devoir faire l’essai de plusieurs triptans avant de trouver celui qui fonctionne pour vous. La plupart des médecins recommandent de ne pas prendre de triptans plus de huit à dix jours par mois, afin d’éviter les céphalées médicamenteuses. Tous les triptans sont offerts en génériques. (N. B. : Les triptans sont contre-indiqués chez les patients souffrant de migraine hémiplégique.)

  • Axert (almotriptan)
  • Relpax (élétriptan)
  • Frova (frovatriptan)
  • Amerge (naratriptan)
  • Maxalt (rizatriptan)
  • Maxalt, cachets ultra-fondants
  • Imitrex (sumatriptan)
  • Imitrex, vaporisateur nasal
  • Imitrex, injection
  • Zomig (zolmitriptan)
  • Zomig, vaporisateur nasal

Ergotamines Ces médicaments sont plus efficaces lorsqu’ils sont pris peu après le début des symptômes des migraines qui tendent à durer plus de 24 heures. Les effets secondaires peuvent comprendre une aggravation des vomissements et des nausées attribuables à la migraine. Les patients aux prises avec une maladie coronarienne, une pression artérielle élevée, une maladie du rein ou du foie doivent éviter la DHE (Mayo Clinic). La DHE a l’avantage de ne pas entraîner de céphalées médicamenteuses et peut être utilisée dans des protocoles de sevrage.

  • DHE, vaporisateur nasal (Migranal)
  • DHE, injection sous-cutanée
  • DHE, traitement intraveineux (uniquement pour les patients hospitalisés en milieu hospitalier ou en clinique, afin de casser une migraine réfractaire). Ce traitement n’est pas facilement accessible au Canada pour le moment.

Gepants Il s’agit d’antagonistes récepteurs du CGRP administrés par voie orale. Il est possible que certains gepants soient approuvés comme médicaments préventifs de même que comme médicaments pour le traitement de crises. Les gepants n’engendrent pas de vasoconstriction, et peuvent donc représenter une solution de rechange pour les patients migraineux qui ne peuvent prendre de triptans en raison des effets vasoconstricteurs. (Migraine World Summit)

  • Ubrelvy (ubrogepant), comprimé oral (approuvé par la FDA en décembre 2019). Disponibilité au Canada prévue en 2021 ou 2022.
  • Nurtec (rimegepant), comprimé à dissolution orale (approuvé par la FDA en février 2020). Disponibilité au Canada prévue en 2021 ou 2022.

Ditans : Les ditans sont des médicaments qui s’apparentent aux triptans (ils agissent sur les récepteurs de la sérotonine). Cependant, ils n’exercent aucune action vasoconstrictrice, ce qui signifie qu’ils ne compriment pas les vaisseaux sanguins autour de votre cœur. (Migraine World Summit)

  • Reyvow (lasmiditan), comprimé oral (approuvé par la FDA en octobre 2019). Disponibilité au Canada d’ici un an ou deux.

Triptans jumelés à des anti-inflammatoires non stéroïdiens :

  • Suvvex/Treximet (combinaison de naproxène et de sumatriptan), bon exemple du principe de combinaison, offert aux États-Unis depuis plusieurs années. Disponibilité probable au Canada en 2020.

Anti-inflammatoires ou anti-inflammatoires non stéroïdiens délivrés sur ordonnance :

  • Aspirine (acide acétylsalicylique), médicament sans ordonnance, offert en vente libre
  • Cambia (diclofénac potassique)
  • Indocid (indométacine)
  • Toradol (kétorolac)
  • Toradol, injection (injection de kétorolac)
  • Ponstan (acide méfénamique)
  • Naproxène
  • Naproxène, suppositoire
  • Vimovo (naproxène et ésoméprazole)
  • Voltaren (diclofénac)

Antinauséux et antiémétiques :

  • Motilium (dompéridone)
  • Gravol (dimenhydrinate)
  • Gravol, suppositoire (dimenhydrinate, suppositoire)
  • Maxeran (métoclopramide)
  • Metonia (chlorhydrate de métoclopramide)
  • Zofran (odansétron)
  • Zofran (odansétron), film oral
  • Compazine (prochlorpérazine)
  • Compazine, suppositoire (prochlorpérazine, suppositoire)

Myorelaxants (relaxants musculaires) :

  • Flexeril (cyclobenzaprine)
  • Robaxin (méthocarbamol)
  • Robaxacet (méthocarbamol et acétaminophène)

Butalbital Les médicaments contenant du butalbital peuvent entraîner une dépendance et des céphalées médicamenteuses. Ils ne sont par conséquent plus recommandés par la plupart des spécialistes de la migraine. Par contre, ce sont les seuls médicaments qui fonctionnent chez certains patients.

  • Fiorinal (butalbital, aspirine et caféine)
  • Fioricet (butalbital, acétaminophène et caféine)

Opioïdes (à action rapide) : Ces médicaments devraient être utilisés uniquement en cas d’échec de tous les autres traitements. La plupart des spécialistes de la migraine seront très réticents à les prescrire, car ils peuvent mener à des céphalées médicamenteuses et à une dépendance. Le sujet demeure controversé, mais certains médecins ont une vision plus nuancée. Lors du plus récent événement du Migraine World Summit, Dre Deborah Friedman a affirmé ce qui suit : « Certaines personnes prennent des médicaments pour traiter d’autres douleurs corporelles. Ils peuvent le faire sur une base quotidienne, sans aucune répercussion sur leurs maux de tête. » Cela dit, la plupart des patients sont grandement susceptibles d’éprouver des céphalées médicamenteuses et devraient discuter avec leurs médecins de tout usage d’opioïdes.

  • Codéine
  • Demerol (mépéridine)
  • Dilaudid (hydromorphone)
  • Morphine
  • Oxycocet (oxycodone et acétaminophène)
  • Percocet (oxycodone et acétaminophène)
  • Statex (sulfate de morphine)
  • Supeudol (oxycodone)
  • Tramadol
  • Tramacet (tramadol et acétaminophène)
  • Tylenol no 1, 2, 3 et 4 (avec codéine)

Stéroïdes : Depuis un certain temps, des cliniciens du domaine des céphalées ont recours à de courts traitements aux stéroïdes (3 à 7 jours) pour traiter des migraines réfractaires. Bien que les corticostéroïdes présentent certains risques et que certains patients puissent être incapables de les prendre en raison d’affections sous-jacentes, comme le diabète, l’utilisation de stéroïdes pour le traitement d’un status migraineux peut être utile chez certains patients, surtout pour éviter la récurrence des maux de tête. (National Headache Foundation)

  • Prednisone
  • Dexaméthasone
  • Medrol DosePak

Cannabis médicinal : Les opinions diffèrent sur l’efficacité des cannabinoïdes. Certaines recherches démontrent des résultats positifs, alors que d’autres indiquent qu’ils pourraient contribuer aux céphalées médicamenteuses. Si vous souhaitez essayer le cannabis médicinal, vous pouvez être dirigé vers une clinique offrant des cannabinoïdes, afin d’obtenir une ordonnance et de l’information sur les producteurs autorisés au Canada. Vous êtes autorisé à compter sur autant de producteurs autorisés que vous le souhaitez, même si votre clinique affirme le contraire. Vous pouvez également consulter d’autres bonnes ressources, comme le site leafly.com et les groupes Facebook SheCann et MigraineBuds. De nombreux essais sont nécessaires pour déterminer la bonne variété et la bonne dose, mais un tel traitement peut être utile, surtout dans le cas de facteurs de comorbidité susceptibles de contribuer à vos crises de migraine. Le cannabis fumé ne doit jamais être utilisé, en raison des risques connexes de maladie pulmonaire.

  • Inhalation de cannabis vaporisé
  • Produit alimentaire à base de cannabis
  • Huile de CBD ou huile de CBD et THC
  • Huile de chanvre (techniquement, ce produit n’est pas un cannabinoïde, et il est offert sans ordonnance)

Combinaison de médicaments à action immédiate De nombreux patients sentent qu’ils doivent combiner plusieurs classes de médicaments pour faire cesser complètement une crise de migraine intense. Voici quelques combinaisons qui se sont avérées efficaces chez des patients. Quelle que soit la combinaison, parlez-en d’abord avec votre médecin.

  • Triptan + anti-inflammatoire non stéroïdien (p. ex., Frova + Cambia)
  • Anti-inflammatoire non stéroïdien + antiémétique (p. ex., Toradol + métoclopramide)
  • Triptan + anti-inflammatoire non stéroïdien + antiémétique (p. ex., Imitrex + Cambia + Compazine/prochlorpérazine)

3. Interventions

Blocages nerveux : Les blocages nerveux suppriment les signaux de douleur qui voyagent dans les nerfs périphériques. Généralement, ces traitements sont administrés à l’aide d’une seringue à petite aiguille à l’arrière de la tête du patient (grand nerf occipital et petit nerf occipital), dans les tempes (nerf auriculotemporal) ou au-dessus des sourcils (nerf supraorbitaire et nerf supratrochléaire), mais éventuellement aussi dans les tempes et la mâchoire. La composition de la solution injectée diffère selon l’expérience et la préférence du médecin, mais contient souvent un anesthésique local à action prolongée et un médicament anti-inflammatoire stéroïdien. (American Migraine Foundation)

Injections dans les points déclencheurs Les points déclencheurs sont des zones musculaires très irritables qui génèrent une douleur non seulement dans le muscle touché, mais aussi dans des zones éloignées, soit une douleur irradiée. Les patients qui ont plusieurs points déclencheurs reçoivent un diagnostic de douleurs myofasciales. Lorsque ces points de douleur sont situés dans les muscles de la tête, du cou et des épaules, ils peuvent déclencher des maux de tête. Une injection dans un point déclencheur est une procédure d’injection d’un médicament, habituellement un anesthésique local, dans le point déclencheur, afin de soulager la douleur. Le soulagement de la douleur devrait être ressenti non seulement dans le muscle touché, mais aussi dans la zone d’irradiation de la douleur. (American Migraine Foundation).

Perfusions de kétamine et de lidocaïne : Ces traitements sont controversés et ne sont pas encore offerts à grande échelle au Canada. Il s’agit d’injections intraveineuses dont l’objectif est de diminuer le degré général de douleur chronique chez les patients. Ils peuvent être donnés à différents intervalles et pour des durées variables. « Sur le plan biologique, il est plausible que la kétamine soit efficace pour traiter une céphalée réfractaire. La kétamine est un antagoniste des récepteurs NMDA. Elle bloque l’action excitatrice du glutamate (Glu), un neurotransmetteur qu’on sait depuis longtemps impliqué dans la physiopathologie de la migraine. » (Lauritsen, C., Mazuera, S., Lipton, R.B. et al. Intravenous ketamine for subacute treatment of refractory chronic migraine: a case series. J Headache Pain 17, 106 [2016].doi.org/10.1186/s10194-016-0700-3)

Blocage du ganglion sphéno-palatin Les observations scientifiques en soutien au blocage du ganglion sphéno-palatin pour la prévention des maux de tête n’en sont qu’aux tout premiers stades. Le ganglion sphéno-palatin est un ensemble de cellules nerveuses étroitement associées au nerf trijumeau, le principal nerf impliqué dans les céphalées. Lors d’un blocage du ganglion sphéno-palatin, un agent anesthésiant est administré à l’ensemble de nerfs se trouvant dans le ganglion. Le moyen le moins invasif d’accéder au ganglion sphéno-palatin est de passer par le nez. (American Migraine Foundation)

4.  Appareils de neuromodulation

Cefaly : La FDA a classé le Cefaly comme une unité de neurostimulation transcutanée, mais il s’agit plus précisément d’une unité de stimulation externe du nerf trijumeau. Comme le nerf trijumeau est impliqué dans la migraine, l’hypothèse veut que la stimulation du nerf contribue à la prévention de la maladie (American Migraine Foundation). Pour en savoir plus, consultez le site cefaly.com.

Nerivio : Cet appareil n’est pas encore disponible au Canada, mais le fabricant espère qu’il le sera en 2020! Nerivio est un nouvel appareil portable de neuromodulation électrique à distance offert sur ordonnance qui stimule les nerfs périphériques de la partie supérieure du bras, afin d’induire une modulation de la douleur conditionnée, un mécanisme analgésique endogène par lequel une stimulation conditionnée inhibe la douleur dans des zones éloignées du corps. Il est indiqué pour la migraine épisodique, mais pas pour la migraine chronique. Pour en savoir plus, consultez le site theranica.com.

5. Médecines complémentaires et intégratives

Suppléments alimentaires : La supplémentation alimentaire vise à réduire la fréquence ou l’intensité de vos migraines mensuelles. Voici les démarches les plus recommandées pour soulager la migraine :

  • Citrate ou glycinate de magnésium : 300 mg, deux fois par jour
  • Vitamine B2 (riboflavine) : 400 mg par jour
  • Coenzyme Q10 : 100 mg, trois fois par jour

Le curcuma, ou la curcumine (anti-inflammatoire), la vitamine D et la mélatonine ont été recommandés par certains spécialistes de la migraine, mais ils ne figurent pas encore dans le protocole standard pour la migraine. Même si la grande camomille est parfois utilisée dans le traitement de la migraine, une vérification avec votre médecin est requise en raison d’une contre-indication avec de nombreux médicaments, y compris des anti-inflammatoires. Le pétasite officinal n’est plus recommandé en raison des risques de toxicité pour le foie.

Thérapies physiques :

  • Yoga : Le yoga restaurateur, le yoga sur chaise et le yoga thérapeutique peuvent être utiles pour réduire la fréquence et l’intensité des migraines s’ils sont pratiqués sur une base régulière. Une étude de 2014 a démontré que le yoga augmente le tonus vagal et diminue la réaction du système nerveux sympathique. (www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4097897)
  • Taï-chi : À mi-chemin entre la méditation et l’exercice, le taï-chi a démontré qu’il contribuait à calmer la réaction de lutte ou de fuite, ce qui génère une vaste gamme de bienfaits pour la santé s’il est pratiqué sur une base régulière. (www.migraineagain.com)
  • Physiothérapie : Si votre migraine est reliée à des raideurs au cou et aux muscles du haut du dos, la physiothérapie peut vous apprendre à étirer, à stabiliser et à renforcer ces régions.
  • Technique Alexander : La technique Alexander est une approche douce qui vise à rééduquer le corps et l’esprit par des séries de mouvements, afin de permettre au corps d’utiliser les muscles de manière plus efficace. La relation entre la tête et la colonne vertébrale est fondamentale. Lorsque les muscles du cou fonctionnent bien, la tête doit osciller légèrement au-dessus de la colonne vertébrale. (The Guardian)

Thérapies comportementales :

  • Psychothérapie : Parler à un thérapeute peut être très utile pour affronter les états de chagrin et de stress qui accompagnent toute maladie chronique, de même que pour développer des facultés d’adaptation permettant de s’épanouir.
  • Thérapies cognitivo-comportementales : Ce type de psychothérapie vous fait prendre conscience des pensées déformantes ou négatives, afin de vous aider à cerner des défis particuliers et à y faire face.
  • Réduction du stress par la pleine conscience (RSPC) : Ce programme de huit semaines est conçu pour aider les gens à prendre conscience du moment présent, afin de pouvoir gérer le stress associé à de nombreux états comme la douleur chronique et l’anxiété.
  • Thérapie d’acceptation et d’engagement : Ce type de psychothérapie vous aide à prendre conscience de vos pensées et de vos sentiments, à les accepter et à vous engager à apporter des changements, afin d’améliorer votre capacité à vivre certaines situations et à vous ajuster. (Mayo Clinic)
  • Relaxation musculaire progressive : Cette technique de relaxation vous exerce à vous concentrer sur une lente contraction et un relâchement de chaque groupe de muscles. (Mayo Clinic)
  • Rétroaction biologique : Cette technique utilise des capteurs électriques pour vous donner une rétroaction à propos de votre corps, afin de vous aider à contrôler votre fréquence cardiaque et à relâcher vos muscles.

Thérapies complémentaires :

  • Acupuncture : L’acupuncture est une thérapie développée en Chine ancienne qui consiste à introduire des aiguilles dans des points précis du corps, afin de soulager la douleur. Il existe des preuves que l’acupuncture réduit la fréquence des céphalées chez les gens aux prises avec la migraine, et que les effets peuvent être semblables à ceux observés avec les médicaments préventifs. (American Migraine Foundation)
  • Massothérapie : Le massage suédois, le relâchement myofascial et le shiatsu sont tous utiles pour relâcher les tensions musculaires et améliorer la circulation, ce qui peut aider avec la migraine.
  • Thérapie Bowen : La technique Bowen est une thérapie douce reposant sur des manipulations sur différentes zones du corps à l’aide des pouces et des doigts selon un processus ou un ordre déterminé.
  • Thérapie par la glace ou la chaleur : Certaines personnes répondent mieux à la glace, d’autres à la chaleur, mais la plupart répondent mieux à une combinaison des deux. Des bonnets de glace sont offerts pour couvrir votre tête et la zone sous l’occiput.
  • Thérapie par laser de faible puissance : Thérapie non invasive de soulagement de la douleur chronique qui peut être utile pour des problèmes tels que l’arthrite, la tendinopathie et les douleurs chroniques au cou et au dos. La thérapie par laser de faible puissance stimule les tissus blessés et améliore leurs fonctions au niveau cellulaire. Ses effets peuvent être comparables à ceux des anti-inflammatoires.
  • Thérapie par lumière verte : Des chercheurs du Beth Israel Deaconess Medical Center, un centre médical affilié à la Harvard Medical School, ont découvert qu’exposer des migraineux à une étroite bande de lumière verte entraînait une nette diminution de la photophobie et pouvait contribuer à réduire la sévérité des céphalées. (Harvard Medical School)
  • Lunettes : Les lunettes Theraspecs, Axon Optics et autres lunettes offrant une protection contre les écrans numériques doivent encore faire l’objet d’études.
  • Huiles essentielles : Les huiles essentielles peuvent être utilisées pour contrer la nausée ou pour favoriser la relaxation, le sommeil et le relâchement musculaire. Soyez prudent si les odeurs sont un déclencheur pour vous. La lavande et la menthe poivrée sont les essences les plus couramment utilisées. Saje, Doterra et Migrastil sont des fournisseurs de confiance auprès des membres, mais il est aussi possible de se procurer de tels produits dans les boutiques d’aliments naturels.

4 réponses à “Guide de traitement de la migraine chronique”

  1. Avatar Monique Doucette dit :

    Merci infiniment!
    C’est le document le plus complet que j’aie lu sur les traitements possibles.

  2. Avatar Monique Doucette dit :

    Merci infiniment!
    C’est le document le plus complet que j’aie lu sur les traitements possibles.

  3. Avatar Amelie Gagne dit :

    Merci. Je me sens mieux outillée pour discuter avec mon médecin. Amelie

  4. Avatar Geneviève Lacoursière dit :

    Bonjour,
    Plaisant à lire et surtout transparent: Médication, différentes approches . Bravo pour votre ouverture!

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