Un mot sur toutes les lèvres, dans tous les médias. L’espace public et privé est submergé par Vous-Savez-Qui*. Un moment historique, qui change les habitudes et les comportements de tous. Il y aura un Avant et un Après.

Pendant que l’on se protège de cet ennemi invisible, ceux qui souffrent d’une maladie ou d’une douleur chronique continuent en parallèle leur combat quotidien contre celle-ci. Une couche de douleur, une pincée de tristesse, une poignée d’anxiété, le tout saupoudré abondamment de peur. Nous avons là la recette parfaite pour que tous les symptômes de la migraine soient exponentiels.

Tout ce que je nomme ci-haut, l’exacerbation de la douleur, la fatigue de type « rouleau-compresseur », la peur au ventre qui fait fuir la raison, je l’ai vécu. En février. Sur un tout autre sujet. Cet état m’a fait reculer, perdre de vue mes projets, mes idées, mes espoirs. J’avais beau essayer de méditer, faire du yoga, marcher, me faire rassurer ; tout état de mieux-être était éphémère. J’ai stressé pendant tout un mois sur un événement que je craignais et qui finalement s’est bien déroulé. Le voile s’est enfin levé devant mes yeux. Je suis revenue à moi-même, vers moi-même, pour pouvoir ajouter cette expérience dans mon sac de résilience.

Répit de courte durée puisque s’est mise à gronder la menace Vous-Savez-Qui*. Les médias sociaux se sont enflammés, les magasins se sont fait dévaliser. Il n’y avait qu’un sujet partout, mais surtout, une peur généralisée. L’anxiété est remontée rapidement… mais temporairement.

Étonnamment, en moi s’est fait un déclic : je ne PEUX pas retourner dans la peur. Je DOIS me protéger. J’ai donc choisi de me distancier. Couper les médias sociaux, traditionnels, les conversations anxiogènes, tout. J’ai dit à mon chum : « Relais-moi les informations pertinentes ». J’ai porté mon attention sur mon nouveau rôle de maman au foyer à temps plein conciliant sa condition de migraineuse chronique.

J’ai recommencé à surfer un peu sur les médias sociaux, choisissant de porter mon regard sur les belles initiatives et partages que cette situation fait ressortir, par exemple les enseignants de yoga et de méditation qui offrent du contenu gratuit. Dans cette deuxième semaine d’isolement, je suis en train d’établir de nouveaux repères avec ma famille, de voir comment je peux préserver un peu d’énergie afin de contribuer moi aussi. Afin de partager trucs, stratégies, réflexions, pour que cette période difficile se passe plus en douceur. Ce billet est mon premier pas. Voulez-vous marcher avec moi ?

* Référence à la série Harry Potter et à l’effroyable sorcier Voldemort dont on ne prononce jamais le nom, remplacé par le nom « Vous-Savez-Qui ». Dans notre situation bien réelle, je fais évidement référence à la COVID-19.