Information résumée par Dre Marzieh Eghtesadi

Les personnes fréquemment aux prises avec des symptômes gastro-intestinaux présentent une prévalence de maux de tête plus élevée et une association plus marquée avec une hausse de la fréquence et de la durée des maux de tête. 

Des rapports récents démontrent une fréquence accrue des troubles gastro-intestinaux chez les patients migraineux en comparaison avec la population générale, avec une prévalence de troubles gastro-intestinaux presque deux fois plus élevée chez les cas de migraine. 

L’infection à la bactérie Helicobacter pylori, le syndrome du côlon irritable, la gastroparésie, les troubles hépatobiliaires, la maladie cœliaque et les altérations dans le microbiote ont été associés à l’occurrence de la migraine. La physiopathologie sous-jacente demeure difficile à cerner, et les données recueillies et analysées varient grandement d’une étude à l’autre, ce qui ne permet pas de tirer de conclusions définitives. Une dysfonction endothéliale au niveau cellulaire des vaisseaux sanguins a été proposée comme facteur pathogène possible des affections abdominales inflammatoires (la maladie de Crohn et la colite ulcéreuse). Les maux de tête sont souvent associés à des rechutes ou des traitements d’affections abdominales inflammatoires. Une complication rare, mais grave découlant de la surutilisation de triptans et des affections abdominales inflammatoires est la colite ischémique, une affection qui se traduit par une défaillance vasculaire et des nécroses dans le tractus gastro-intestinal. 

Plusieurs mécanismes impliquant des connexions entre l’intestin et le cerveau ont été énoncés à titre d’hypothèses pour expliquer ces associations. Mentionnons entre autres la libération de médiateurs inflammatoires dans le système circulatoire, qui ont également un effet sur les vaisseaux sanguins, une activité anormale des bactéries de l’intestin (le microbiote) dans la régulation du milieu immunologique intestinal et une dysfonction générale du système nerveux autonome, y compris le système nerveux de l’intestin. Cependant, les mécanismes précis et les voies dans l’axe de l’intestin et du cerveau à mettre en lien avec la migraine ne sont pas encore pleinement élucidés. Des recherches supplémentaires sont requises pour comprendre cette possible relation. 

Sources : (1-6)

1. Cámara-Lemarroy, C.R., R. Rodriguez-Gutierrez, R. Monreal-Robles et A. Marfil-Rivera. « Gastrointestinal disorders associated with migraine: A comprehensive review. », World journal of gastroenterology, vol. 22, no 36 (2016), p. 8149-8160.

2. Chehel Cheraghi, S, N. Ebrahimi Daryani et M. Ghabaee. « A Survey on Migraine Prevalence in Patients with Inflammatory Bowel Disease – A Single Centre Experience. », Middle East journal of digestive diseases, vol. 8, no 4 (2016), p. 282-288.

3. Doulberis, M., C. Saleh et S. Beyenburg. « Is there an Association between Migraine and Gastrointestinal Disorders? », Journal of clinical neurology, Séoul (Corée du Sud), vol. 13, no 3 (2017), p. 215-226.

4. Hodge, J.A. et K.D. Hodge. « Ischemic colitis related to sumatriptan overuse. », Journal of the American Board of Family Medicine (JABFM), vol. 23, no 1 (2010), p. 124-127.

5. Moisset, X., G. Bommelaer, M. Boube, L. Ouchchane, M. Goutte, M. Dapoigny et coll. « Migraine prevalence in inflammatory bowel disease patients: A tertiary-care centre cross-sectional study. », European journal of pain, Londres (Angleterre), vol. 21, no 9 (2017), p. 1550-1560.

6. Van Hemert, S., A.C. Breedveld, J.M. Rovers, J.P. Vermeiden, B.J. Witteman, M.G. Smits et coll. « Migraine associated with gastrointestinal disorders: review of the literature and clinical implications. », Frontiers in neurology, vol. 5 (2014), p. 241.