Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), de 1,7 à 4% de la population adulte mondiale est affectée par une céphalée pendant au moins 15 jours par mois. C’est énorme et c’est ce qu’on appelle la céphalée chronique!

Les céphalées de tension et les céphalées chroniques quotidiennes ont un coût financier cumulé à la perte de quelque 25 millions de journées de travail ou de scolarité par an.

Évidemment, il n’y a pas que le fardeau socioéconomique mais aussi les souffrances personnelles au niveau de la vie familiale, la relation de couple, les activités sociales, la performance au travail ou aux études, et la qualité de vie en générale. Les efforts sur le long terme pour vivre avec des céphalées chroniques peuvent aussi prédisposer le sujet à d’autres maladies, par exemple la dépression.

La céphalée chronique est une cause majeure d’invalidité dans toutes les sphères de l’individu infligé et il est important d’aller chercher de l’aide avant que votre situation ne se détériore encore plus. Il faut en parler avec votre médecin de famille, qui pourra vous guider au niveau des traitements disponibles ou vous référer en consultation chez un neurologue ou tout autre centre spécialisé dans le traitement des céphalées.

La céphalée chronique peut être causée par l’évolution de la maladie de base avec un dérèglement au niveau de la fréquence et de l’intensité des céphalées. Par contre, il est toujours important d’éliminer d’autres causes secondaires. Parmi celles-ci, on retrouve la céphalée par abus médicamenteux et qui le résultat de céphalées rebond dû à une surutilisation de médicament, dont le Tylenol et l’Advil! Par ailleurs, d’autres médicaments, les narcotiques par exemple, sont reconnus pouvoir causer des céphalées et il est donc important de vous informer des effets secondaires possibles de tous les médicaments que vous consommez.

Le sommeil n’est pas à négliger non plus. Le cerveau a besoin de se reposer quotidiennement et il est important d’avoir une bonne hygiène de sommeil, dont une routine régulière avec 7-8h par nuit. Par contre, les individus qui souffrent d’apnée du sommeil ont un sommeil non réparateur car le cerveau manque d’oxygène. Il faut être vigilent par rapport à cette cause bien redoutable de céphalées quotidiennes, qui sont souvent matinales. Si votre partenaire se plaint que vous ronflez la nuit, que vous arrêtez de respirer ou que vous-même réalisez que vous êtes excessivement fatigué durant le jour, songer à passer une étude pour l’apnée du sommeil, dont la polysomnographie. Un questionnaire d’échelle de somnolence d’Epworth devrait être complété avec votre médecin traitant.

Également, si vous souffrez de douleurs à la mâchoire, par exemple à la mastication, à l’ouverture de la bouche, à la palpation de votre mâchoire, ou que vous grinchez des dents durant la nuit, il faut en parler avec votre dentiste. Souvent, une articulation de la mâchoire dysfonctionnelle peut être en cause et engendrer des douleurs irradiées à la tête. Une plaque occlusive pourra facilement corriger votre situation.

Finalement, d’autres douleurs sous-jacentes, par exemple des problèmes de cou ou des lombalgies chroniques, peuvent contribuer à vos céphalées, tout comme elles peuvent en être la conséquence. Notre système nerveux est fort complexe et il faut comprendre qu’une douleur chronique mal contrôlée peut souvent diffuser et atteindre d’autres régions du corps initialement non affectées.

Bien qu’il existe encore beaucoup d’autres causes secondaires possibles, il arrive aussi qu’une cause sous-jacente ne soit pas identifiée. Par contre, la céphalée chronique est une maladie incapacitante et sérieuse, et il ne faut pas souffrir tout seul. Il faut consulter un médecin et chercher de l’aide. Il existe des traitements pharmacologies, dont des médicaments pour soulager un mal de tête mais aussi des traitements préventifs qui servent à en diminuer la fréquence. Parfois, il est même nécessaire d’être hospitalisé pour faire un protocole de sevrage médicamenteux. Votre professionnel de santé peut aussi demander d’autres bilans et investigations si nécessaire. Finalement, une aide psychologique ou des traitements alternatifs, par exemple des techniques de relaxation ou yogathérapie, sont toujours encouragés en complément à la pharmacothérapie. Vous devez participer activement à la prise en charge de votre santé.

Le cheminement à regagner sa vie et reprendre le contrôle de la douleur peut parfois être long, mais il ne faut pas désespérer parce qu’il existe de l’aide. Les céphalées sont souvent une maladie chronique et malgré qu’on ne puisse pas les guérir, il est important d’avoir un contrôle adéquat pour regagner sa qualité de vie.

Parlez-en avec un professionnel de la santé et ne vous découragez surtout pas, vous n’êtes pas seul et il existe du support pour vous.

Auteur: Dre Marzieh Eghtesadi