Je vous ai expliqué comment la migraine était passée de son statut de coloc à celui de proprio dans mon cerveau. Si vous m’avez trouvée silencieuse dernièrement, c’est que j’ai peine à lutter contre son emprise et ces temps-ci je la considère carrément comme ma geôlière.

Par Savannah Queen – 29 janvier 2016 

La douleur n’est pas censée être une sensation que l’on vit au quotidien. C’est normalement une sensation temporaire, parfois légère, parfois intense, mais qui a une durée définie dans le temps. La douleur chronique, c’est un peu comme un manège qui ne ce cesse jamais, une montagne russe infinie. Parfois, la douleur est tolérable, parfois elle augmente de façon insensée, parfois c’est carrément la chute libre… mais en aucun cas le manège ne s’arrête. Il n’y a JAMAIS de vacances de la douleur, ne serait-ce qu’une journée… Le piège est que l’esprit, si on ne fait pas attention, a tendance à suivre le schéma de la douleur. Mais quand on est sur la pente descendante depuis un moment au niveau de l’esprit, c’est les symptômes dépressifs qui embarquent. Et le vrai danger guette.

En ce moment, pour être bien honnête, j’ai mon « criss de voyage ». Pardonnez le langage grossier, mais je ne trouve pas d’expression plus éloquente. Ce mois-ci, j’ai des rendez-vous toutes les semaines avec différents médecins, je ressors avec de nouvelles prescriptions et/ou j’aboutis dans de nouveaux culs-de-sac. Je suis épuisée de passer par toute la gamme des émotions allant de l’espoir à la désillusion à chaque rencontre. Pour une raison obscure, j’arrache mon masque de CPAP toutes les nuits alors que j’y suis pourtant accoutumée (elle s’en vient ma saga en trois tomes sur le CPAP… en attendant, je vous enjoins à persévérer avec votre look Darth Vader). J’ai un nouveau traitement préventif qui fait que je ne m’endors plus alors que dans les effets secondaires normaux y a de la somnolence (…? !?!) et je viens de rencontrer un psychiatre qui a su percer ma carapace à la vitesse de l’éclair. J’en suis encore déstabilisée. Qu’il ait su saisir ma détresse derrière mon sourire-armure m’a profondément émue.

Il m’a secouée en prononçant les mots « vous présentez des symptômes dépressifs ». Bizarrement, ça m’a donné le coup de fouet dont j’avais besoin pour sortir de ma torpeur. Depuis le début de l’année, j’ai délaissé certaines bonnes pratiques, dans mon état blasé avancé « mais ça donne quoi de toute façon puisque quoi que je fasse y a pas d’impact sur mes migraines ».

Toutefois, si je laisse la douleur continuer à prendre du terrain, je donne de l’emprise à ma geôlière. Parce qu’elle est ratoureuse… elle referme un peu plus chaque jour les murs de la prison, tire les volets, m’empêche de voir le soleil… elle occulte les « bonnes » journées et me les fait oublier rapidement en s’amusant à surligner cruellement les moments horribles comme ce week-end de migraines hormonales infernales. Là ça devient très dangereux…

Comme il n’est absolument pas question que je poursuive sur cette voie, je vais faire ce que je fais de mieux : reprendre les armes. Encore. En attendant que le psychiatre pense à son affaire (je pense de mon côté que la dépression saisonnière est une piste non négligeable… mais il me semble que luminothérapie et migraines ne doivent pas faire bon ménage…?!),  je vais reprendre mes stratégies de gestion de la douleur et de l’humeur.

J’ai beau avoir l’impression de lutter contre un ogre à coup d’oursons en peluche, ça fait quand même 2 ans que j’utilise ces munitions avec un relatif succès … ne sous-estimons pas le pouvoir du DOUX !

À suivre… Stratégies pour maintenir le moral dans la douleur ou le Pouvoir du Doux !

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