Par Savannah Queen – 7 janvier 2016

On change d’année… c’est le temps des résolutions, des bons vœux et des bilans…

2015, je ne suis pas fâchée de te dire « Au revoir ! ». Je ne sais pas pourquoi tu t’es acharnée à poursuivre l’œuvre de ta consœur de la douleur, 2014, mais j’espère du plus profond de mon cœur que 2016 provient d’une nouvelle famille.

Les deux dernières années ont été TRÈS éprouvantes. Je ne peux pas vraiment trouver d’expression plus juste à 2014 que le qualificatif « d’année de MARDE ». Ce serait très tentant de balancer 2015 dans la même catégorie, mais ce ne serait pas tout à fait honnête…

D’un point de vue objectif, je dirais que 2015 a été encore plus souffrante physiquement que 2014. J’ai de beaux calendriers de migraines qui m’appuient dans le triste constat qu’en fait ma situation empire au lieu de s’améliorer, me laissant de moins en moins d’heures sans douleur par jour. C’est angoissant.

Cependant, en 2015, il s’est aussi passé de bonnes choses. Je suis devenue ceinture noire en gestion de la douleur et de l’énergie. Vous devriez voir l’armada de stratégies que j’ai conçues et déployées dans cette quête du mieux-être dans la souffrance, je vous les partagerai bientôt. J’ai compris que personne ne viendrait me sauver et que le seul endroit où il me restait un peu de contrôle était mon attitude. J’ai poursuivi un travail acharné en thérapie pour me défaire de comportements nocifs comme mes excès de perfectionnisme et mon taux d’exigence excessif envers moi-même. J’admets humblement arriver à les dominer par moments, et d’autres moins… comme ce que j’ai vécu juste avant les Fêtes. On dit que c’est en moment de crise qu’on retombe le plus facilement dans nos vieux « patterns ». C’est le chemin le plus facile, même quand, ironiquement, c’est le plus nuisible.

Surtout, en 2015, j’ai découvert des choses que j’ignorais totalement à mon sujet. Je ne savais pas par exemple que j’avais à ce point besoin de calme et de silence pour me centrer, moi qui avais auparavant tendance à m’étourdir dans l’action. J’ai appris que pour dominer mes pensées négatives je devais les écrire, les vivre, les pleurer, pas les ignorer. Je me connais mieux qu’avant, différemment aussi.

Ma plus grande révélation fut de constater à quel point j’ai un sens artistique développé. En ayant du temps pour penser, les idées n’ont cessé d’affluer. J’ai découvert que de m’absorber dans un projet créatif est la seule chose qui me fasse du bien quand la douleur devient trop intense et que je deviens anxieuse. J’ai l’intime conviction que peu importe ce que le futur me réserve, je dois garder cet aspect vivant dans ma vie. Pour me le permettre, j’ai décidé de m’aménager un espace exprès pour pouvoir bricoler, sans avoir à perdre du temps et de l’énergie à devoir ranger avant ou après. Je ne pense pas que mon mur en « peg board » Pinterest Style existerait sans l’épreuve que je traverse ni qu’Omer de Serres serait devenu mon magasin préféré.

J’ai découvert que bientôt Larousse mettra ma photo à côté du mot résilience. Je blague, mais si je savais que j’avais la tête dure, je ne savais pas que je me relèverais autant de fois après autant de chutes, avec la volonté aussi farouche de continuer. Je ne savais assurément pas que j’écrirais un blogue, encore moins qu’il porterait sur mon ennemie jurée, la sadique Migraine. Et je ne savais surtout pas que mes récits apporteraient un peu de réconfort à d’autres personnes qui traversent des montagnes russes de douleur. Et que vos commentaires m’émouvraient au point de me dire que peut-être que quelque chose de bon sort de l’épreuve que je traverse.

Je vous l’avoue, je perds chaque jour un peu d’espoir… je n’ose pas demander à 2016 de renverser la chronicité de mes migraines, ce serait magique, mais peut-être utopique et je n’ai plus la force d’être déçue. Je lui demande par contre de m’amener sur le chemin de l’acceptation si elle ne m’octroie pas la santé. J’ai besoin que mon esprit cesse de planifier 101 projets qui devront ensuite être à moitié annulés parce que je ne me sens pas bien, me laissant triste et amère. J’ai besoin d’apprendre à écouter véritablement mon corps, sans mes multiples outils de gestion pour me « forcer » à me tenir tranquille. Je veux que ça finisse par devenir naturel, je veux intégrer ces beaux concepts que sont la pleine conscience et « vivre le moment présent ». Je veux que la culpabilité constante qui me tenaille foute le camp. J’ai besoin de croire que 2016 sera une bonne année, peu importe sur quel chemin elle m’amènera.

Je vous souhaite une année 2016 pleine de douceur. Je vous souhaite de trouver ce qui vous fait vibrer. Je vous souhaite par-dessus tout la santé, parce que c’est la prémisse de pas mal tout le reste. Mais si elle vous est retirée, je vous souhaite de faire la paix avec la douleur. Je ne sais pas encore comment y parvenir, mais je suis convaincue que c’est possible…

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