Que sont les céphalées de Horton, aussi appelé « algies vasculaires de la face » (en France) ou « cluster headache » (en anglais)?

Pour vous renseigner sur ce mal de tête rare mais extrêmement souffrant, téléchargez le PDF suivant: Le céphalée de Horton .  Vous pouvez aussi observer des crises filmées par des patients souffrant de cette maladie en recherchant « cluster headache » sur YouTube.

Les patients souffrant de ce mal de tête décrivent une douleur qui vient par crise, d’un seul côté, souvent centrée sur l’oeil et la tempe, intolérable, et qui s’accompagne de larmoiement, de nez qui coule. L’oeil peut devenir rouge et fermé. La douleur est souvent décrite comme un poignard chauffé enfoncé dans l’oeil, et l’intensité est telle que les personnes qui en souffrent ont des idées suicidaires durant la crise. Il s’agit d’une des douleurs les plus intenses répertoriées en médecine, surpassant de très loin l’accouchement selon les femmes qui en souffrent. Elle est plus insupportable que les crises migraineuses les plus sévères.

Ces maux de tête, comme la migraine, sont causés par un problème électrique et chimique, et non pas par une lésion, une masse ou une cicatrice au cerveau. Il parait incroyable pour les patients qui en souffrent que ces maux de tête ne soient pas dûs à de sérieux problèmes de santé.

Un aspect fascinant de cette maladie est sa cyclicité, c’est à dire que les crises surviennent à des saisons et à des heures précises. Ceci pousse les scientifiques relier la cause de ce mal à l’hypothalamus, où se situe notre horloge biologique des 24h qui gère les cycles d’éveil-sommeil.

La plupart des patients ont des périodes actives, lors desquelles les crises sont récurrentes, entrecoupées de longues périodes de rémission. Un patient sur 10 a des crises de façon régulière.

Les hommes sont 5 fois plus atteints que les femmes. Une personne sur 2000 souffre de cette maladie.

Il est fréquent que les patients souffrant de céphalée de Horton consultent pendant des années sans recevoir de diagnostic. Ils peuvent rencontrer des ophtalmologistes, des ORL, des dentistes… cette maladie rare est peu connue. Ce retard diagnostic est dramatique, car il prive les patients des traitements appropriés.

Quels sont les traitements les plus communs pour traiter ce type de céphalée ?

Les traitements habituels contre la douleur sont peu efficaces contre les céphalées de Horton.

La plupart du temps, on peut casser les crises avec du sumatriptan (Imitrex) en injection, car on a besoin de soulagement rapide. L’oxygène peut être administré avec un masque et fonctionne assez bien. Des comprimés peuvent être prescrits pour diminuer la fréquence des crises. On utilise par exemple le verapamil, qui empêche les vaisseaux de se contracter, le lithium, et parfois la prednisone. Une injection au niveau du nerf occipital (nerf d’Arnold) peut aussi soulager certains patients.

Dr Elizabeth Leroux, MD, FRCPC (spécialiste en médecine des céphalées)